The Social​ Correspondent​ N°27 : Facebook n’est plus d’accord avec Facebook

The Social​ Correspondent​ N°27 : Facebook n’est plus d’accord avec Facebook

Édito

Le Conseil de surveillance de Facebook est en désaccord avec la politique de modération de Facebook.

Afin d’encadrer la modération, Facebook a créé en décembre 2020 un Conseil de surveillance. Composé de 40 membres
éminents parmi lesquels un ancien Premier ministre et un lauréat du Prix Nobel, cette entité indépendante officie à la manière d’une cour d’appel de la modération. Lorsqu’un utilisateur n’est pas d’accord avec une décision de modération, le réseau social s’octroie le droit de modérer les contenus diffusés par les utilisateurs. Cette nouvelle cour offrira la possibilité de s’opposer à celle-ci et de demander le réexamen des décisions. Et c’est là qu’entre en piste ce nouveau Conseil. Enfin presque… Parce que dans la pratique, le conseil ne prend pas en charge l’ensemble des “recours”, il se saisit uniquement des dossiers à forts enjeux politiques, sociologiques et déontologiques. Vous l’aurez compris, on est plus dans la politique que dans le community management.

Ce conseil a commencé son travail en se penchant sur 4 publications que Facebook a masqué pour cause de non-respect des règles d’utilisation : une campagne de sensibilisation au cancer du sein, un post critiquant la politique de Donald Trump contenant une citation d’un nazi, une critique de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament en France, un post dénonçant manque de réaction face au traitement des musulmans ouïghours en Chine.

Le conseil a demandé la republication de la campagne et a ajouté « Les règles communautaires de Facebook sur la nudité autorisent expressément la nudité lorsque l’utilisateur cherche à « sensibiliser à une cause ou à des raisons éducatives ou médicales » et autorise spécifiquement les mamelons féminins découverts pour faire progresser la « sensibilisation au cancer du sein ». Après étude, les autres publications ont elles aussi été rétablies.

Cette nouvelle instance est intéressante car elle apporte un contre-pouvoir permettant d’équilibrer, en un soupçon, la relation entre les utilisateurs et les leaders de Facebook. Relation qui souvent s’apparente à David contre Goliath…Il faut cependant rester vigilant face à cette indépendance autoproclamée ! Et oui, ce Conseil et ses membres sont intronisés par Facebook lui-même. Et enfin rester vigilant face à la tentation de faire le jeu des lobbies et des politiques en les invitant à la table des débats. Ce mode de fonctionnement est par ailleurs très différent de Birdwatch de Twitter, un tout nouvel outil de modération anti fake news également. Ce dernier vise, sur la base de signalements, à faire vérifier les contenus par une communauté d’utilisateurs actifs. Les contenus ne sont alors pas supprimés mais annotés. Un fonctionnement collectif, un peu moins centralisé et plus industrialisable faisant davantage penser à Wikipédia.

Pour bien commencer 2021, le Conseil va se pencher sur le cas de Donald Trump, l’ancien Président américain. Avec, au cœur des débats, la prise du Capitole et la suppression de son compte Facebook.

Affaire à suivre…

THE SOCIAL CORRESPONDENT #27_compressed

Contributors

Florian RAKOTONARIVO

Social Media Executive

Mathurin BERTRAND

Lead Content

Dina ZIAT

Digital Project Manager

Josselin MOREAU

Head of Strategy & Experience